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L'A.S.H.
existait déjà en 192O !
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(texte
que l'on a pu lire en 1970 dans le journal local) archives
Michel Marie
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| L'A.S.H
un club nouveau ? Sans
doute pour ceux, et ils sont maintenant le plus grand nombre, qui n'ont
jamais entendu parler d'équipe de football à Henvic. C'était vers 1920. Seules les villes de quelque importance avaient leur club sportif. Brest, Morlaix, Saint Pol, Landerneau, Lesneven, pour ce qui est du Finstère-Nord. Quelques communes cependant manifestaient une certaine activité périodique (non officialisée). Henvic, avec ses collégiens était du nombre. Les cours austères de récréation où l'on poursuivait une petite balle mousse ou caoutchouc, étaient le creuset où naissaient les jeunes talents. La sélection s'y faisait et les meilleurs sujets (es-football) avaient droit chaque jeudi à un terrain herbeux et à un vrai ballon. Les compétitions n'allaient pas bien loin : trois ou quatre rencontres inter-établissements dans l'année. Elles ne suffisaient pas à apaiser la faim des jeunes mordus du ballon rond. Et l'on se rattrapait pendant les vacances en organisant des confrontations inter-communales. C'est ainsi que naquit l'A.S.H. Carantec fut son premier adversaire. A Carantec il y avait l'instituteur hôtelier : Charlic Cléach, Le Bouder Paul, les collégiens Didou, Marzin, Tanguy et d'autres dont les noms ne nous reviennent plus. Henvic alignait : René Kermarrec qui a quitté l'armée (service de santé) avec le grade de général, (retiré aujourd'hui à Carantec), son frère François, lui aussi militaire de carrière. Pierre Queguiner (dit Coq), aujourd'hui colonel en retraite, qui fut équipier de Xavier Trélly (apôtre du football), au Rhône Sportif Terreaux. Jacques Jezequel qui fit carrière sportive au Stade Morlaisien, Stade Lesnevien et au Stade Briochin, chroniqueur sportif au Télégramme sous le pseudonyme de " Jakic ". Jean Pailler (dit Lataluche), qui a géré longtemps le syndicat agricole d'Henvic. Hervé Jourdren, marin. Marcel Cléach (Celik-Kèz), commerçant. Pierre Hénaff, père missionnaire. Yves Messager, recteur de Lilia Plouguerneau. Jean Oouacki, un indigène qui traînait ses sabots à longueur d'année sous le vieil if de la place du bourg (dont tous les gosses d'alors se régalaient avec les baies rouges gluantes et insipides). |
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| De
la dune du Kélenn au " Park Leton " de Henvic A Carantec, on s'affrontait sur la dune (30 m sur 20), située à l'est du Kélenn, où l'on a récemment construit une cale pour plaisanciers. Elles était parsemée de chardons qui s'apparentaient au houx, sinon par la couleur, tout au moins par les feuilles tarbiscotées et piquantes d'où son nom de plage du Kélenn. Les dénivellations du sol ne rebutaient pas les belligérants. Le ballon avait des rebonds aussi déroutants qu'un ballon ovale, et le fin du fin était de pressentir les rebonds en fonction du point d'impact du ballon avec le sol. La revanche avait lieu à Henvic dans la clandestinité, car elle se déroulait dans le Park Leton de Kerrichard, où Tonton Pèr, le maître des lieux, parquait son troupeau de ruminants. "Park Leton " : en breton, champ en jachère. On tassait le troupeau dans un réduit délimité par une corde, on plantait les bambous reliés par une ficelle (les buts), on recouvrait les " pâtés de campagne" avec les protubérances de terre fraîche, soulevées par les taupes et en avant la " Soroc'hell " (vessie). Il arriva souvent que le fermier nous surprenait et on eut recours à un homme vigie. L'alarme donnée, poteaux de but et ballon disparaissaient en un clin d'il, cependant que les joueurs se faufilaient comme des lapins, dans les fourrés de " Goarem Brudek ". L'alerte passée, les hostilités reprenaient, mais selon une convention pré-établie, le match était gagné pour l'équipe menant au score, si la rencontre était définitivement interrompue pour une raison majeure. Plus tard, Cléder fut notre invité. Les Clédérois comptaient dans leurs rangs : Maurice Calarnou, Louis Quéguiner, les frères Favé, dont le cadet " Vissant " est aujourd'hui évêque à Quimper. Usant de diplomatie, nous avions trouvé une relative quiétude en soudoyant Corentin le dauphin de Tonton Pèr, qui se chargeait (disait-il), de surveiller le troupeau au jour J . Il était le seul spectateur avec Marie et Sissil qui devaient en contre partie, ravitailler les joueurs en eau fraîche qu'elles allaient tirer au puits voisin. Une douche de " korc'h saout " Devant Cléder, que nous allâmes ensuite battre sur son terrain, nous dûmes consentir le " nul ", à la suite d'un coup fourré ourdi par un adversaire. Il plaça la balle au point de penalty sur la terre fraîche qui recouvrait de la bouse de vache ; il frappa volontairement le sol en même temps que la balle et le pauvre " Lataluche " aveuglé par le magma malodorant dut s'incliner. La plupart des rencontres avaient lieu en plein été par des journées chaudes et parfois torrides. On se déplaçait à bicyclette, avec un casse-croûte dans la musette. Si Carantec était tout près, Cléder était à 20 Km ce qui faisait 40 km avec le retour. En y ajoutant 1h30 de match cela faisait une belle dépense physique. Qu'en pensent les footballeurs d'aujourd'hui ? L'équipe de Morlaix était au-dessus de nos forces avec ses Boulloch, Magtrolin, Paul Blanche, Menut, Lintanf, Tomic Le Roux, etc La fleur au guidon et le casse-croûte dans la sacoche Nous décidâmes aussi le défi des Saint-Politains, beaucoup plus expérimentés et pourvus en joueurs de renom tels : Paul Séité, L.Moal, S.Paugam, Guerch et Louis Quement, mais nous acceptâmes celui de Landivisiau où opéraient les Guiclanais Cochard, Jean Abgrall, les frères Pouliquen Les licences n'existant pas, nous fîmes appel au renfort des Carantécois Cléach et Didou. Et nous rentrâmes victorieux après avoir battu les Gâs de Landi sur leur rocailleux champ de foire On nous fit un accueil triomphal qui nous fit oublier les 50 Km de vélo accomplis ce jour-là. Les Landivisiens eurent vent de notre combine et usèrent du même stratagème pour aller affronter Landerneau, leur rival sportif. Ils firent appel à deux Carantécois, quatre Henvicois, pour aller se mesurer à Sivienne sur son terrain de l'Elorn. Il en résultat un nul, ce qui était une bonne performance, car les Lunards opéraient en championnat en excellent rang. Ce fut la seule fois, où nous prîmes le train pour aller disputer un match. Un demi-siècle a passé . Les protagonistes de l'A.S.H. 1920 se sont dispersés sur les sentiers de leur destin et sont aujourd'hui septuagénaires. Ils auront appris avec plaisir la naissance (ou la résurgence) de l'A.S.H. grâce au dévouement d'un jeune comité et d'une municipalité " dans le vent ". L'A.S.H. 1970 ne connaîtra pas les vicissitudes de son aînée. Dotés d'un beau stade dans le bourg même, les joueurs ne devront pas opérer clandestinement sur un park leton (glissant), sur une dune Carantécoise tourmentée, sur un chaume Cléderrois ou sur un champ de foire empierré comme à Landi. A Henvic aussi, le football est devenu un fait social. EUR C'HOARIER. |