Le Passeur à la Barbe Fleurie.

Lorsque j'étais petite (me racontait ma mère),
Je n'avais pas de livres, mais j'avais mon grand-père.
Il en passait du temps à marcher sur la grève.
Il avait les yeux bleus, comme tous les marins,
Mais au fond de ses yeux, il gardait comme un rêve.

Sa vie passée là-bas dans ces pays lointains.
Il parlait de la mer comme de quelqu'un qu'on aime
Et qui aurait gardé une partie de sa vie
Prisonnière des glaces avec tous ses amis.
Il passa des années d'expéditions polaires
D'abord sur le " Français " puis sur " Le Pourquoi Pas "
Et son ami Charcot qui est resté là-bas.

Il parlait de la mer, d'oiseaux, d'un igloo,
De coucher de soleil mais surtout de navires,
Oiseaux majestueux qui affrontaient le pire.
Il me parlait souvent, mais jamais de la guerre
Car c'était son devoir qu'il avait fait.
Et sans rien demander il a retrouvé sa grève
Et pourtant je sais bien qu'il était un héros,
Le passeur des heures sombres
La nuit sur la rivière,
Méprisant le danger, il gagnait l'Angleterre
Et ils étaient combien, cachés dans son bateau
Avec la peur au ventre, qui avançaient sur l'eau
Et l'ennemi guettant le long de la rivière.

Il reste de ce temps là
Une stèle et une croix
Et quelques mots gravés " Passant souviens toi… "


Mais lui, il est parti, déjà depuis longtemps
Rejoindre Charcot et ses amis sur les ailes du temps.

Frédéric, Arrière-petit-fils
de Jacques Guéguen

TALLEYRAND

Je vais vous parler d'un diable au pied bot
Qui se vie couronner le soir de Waterloo
Il en voulait à ses parents, une grande lignée
Qui n'avait jamais daigné l'embrasser, l'aimer
Car pour eux, il ne méritait que la soutane
Aigri, il jura de punir tous ces ânes !

Il eut dans les ordres une vie de débauche
Plus de jolies femmes que d'hosties dans sa sacoche
L'art des finances l'intéressait de plus en plus
Oui, pour lui l'argent devint une vertu !
La révolution l'appelait à grand pas
Avec les trois ordres, quand le roi l'appela, il siégea

Il nationalisa les grands biens du clergé
Je ne vous cache pas qu'il le fit avec gaîté
En voyant tomber trop de têtes, il s'exila
Pour ne pas finir aussi bêtement que ça

Quelques années passèrent et le voilà de retour
Il prit au directoire une place de vautour
Mais voilà, ce gouvernement le néglige
Alors, sans hésiter, il faut qu'il le corrige !
Talleyrand trouve pour cela un Bonaparte
Qui attend de prendre le pouvoir avec hâte !

IL le servira, du consulat à l'empire
Essayant de le préserver toujours du pire !
Mais personne ne peut contrôler Napoléon
Donc, pour le renverser, à nouveau, conspirons !
A Tilsit, il pousse le Tsar à tenir tête
Puis s'accommode fort bien du roi à la défaite

Il préserve la puissance française à Vienne
Sauvant, le pays, des alliés, de leur haine !
Louis XVIII n'osa jamais s'en séparer
De peur d'être une nouvelle fois renversé
Son frère n'eut pas la même superstition sur l'homme
Il s'en sépara sans tact, sans vergogne !
Pauvre Charles X à la fin malheureuse
Pour toi, ce seront bientôt les trois glorieuses !

Je ne donne pas mon avis sur Talleyrand
Car l'histoire le place au dessus des gens !